|
| |
 |
|
LES ENFANTS TERRIBLES
De Jean-Maurice Gélinas et Guy Lapierre
D’après l’œuvre de Jean Cocteau


 |
|
|
Avec:
Solange Asselin,
Néfertari
Belizaire,
André
Bradette,
Jean-Claude
Côté, Line Dion, Jean-Maurice Gélinas, Francine Gendron, Anne
Guénette, Odette Guimond,
Roseline Hoffmann, Ronald Houle,
Louise-Hélène Lacasse, Daniel Lacombe, Serge Lessard, Hélène
Lévesque, Marie-Josée Plouffe, Marcel Pomerlo, Kateri-Hélène
Racine, Rachel Roy, Jean Simard, Véronique Watters,
Avec la participation de
Guy Mauffette
/ Mise en scène
Jean-Maurice Gélinas,
Assisté de
Guy Lapierre,
Chorégraphie:
Hélène Lévesque
/ Scénographie et lumière:
Manon Choinière
/ Costumes:
Serge Beaudoin
/ Environnement sonore:
Patrick Handfield
/ Coiffure et maquillage:
Gilles Lévesque
/ Affiche:
Guy Lapierre,
Photo:
Bernard Dubois
/ Du 27 mars au 20 mai 1986 / Bain Laviolette, Montréal. En
collaboration avec Le Ministère des Affaires culturelles du
Québec, La Ville de Laval, La Ville de Montréal, Pepsi-Cola,
Locam. |
Depuis la mort subite de son jeune ami, le romancier Raymond
Radiguet, Cocteau fréquente l'opium. La difficulté d'être
est tenace. C'est au cours de sa seconde cure de
désintoxication que naissent
ALes
Enfants terribles. Dans
l'isolement relatif de la chambre de la Clinique de
Saint-Cloud, Christian Bérard, peintre et décorateur, le
plus assidu des visiteurs, raconte une autre chambre
étonnante, où vit un couple de frère et sœur, Jean et Jeanne
Bourgoint, au milieu d'un désordre matériel et moral
indescriptible. L'enrichissement de Bérard qui réinvente la
chambre des Bourgoint est mystifié par Cocteau qui transpose
le malaise de l'adolescence et l'approfondit en fable.
Pour présenter ce spectacle, Acte 3 revient au bain public
qu'il rebaptise pour la circonstance
Clinique de Saint-Cloud.
Afin d'accéder au lieu de représentation, le public doit
emprunter un corridor inspiré du film La Belle et la Bête.
Ce passage crée à
partir de caisses empilées est affublé de bras de mannequins
soutenant des ampoules électriques qui répandent un
éclairage surnaturel. En sortant de ce couloir, on découvre
l'immensité des lieux. Aux extrémités d'un bain
municipal désaffecté, une scène et une estrade ont été
édifiées, à l'intérieur de la piscine. Sur la scène et dans
la zone non occupée de la piscine, se joue l'adaptation
théâtrale des Enfants terribles. Les promenades
latérales servent également d'aires de jeu. Entre les
colonnes, des rideaux de coulisses s'ouvriront et se
fermeront au gré de la nécessité des effets. (monologues,
projection de film, apartés des personnages accessoires...).
En prenant place dans l'estrade (située dans la partie
profonde de l'ouvrage)
le spectateur est accueilli par le trapéziste travesti
Barbette qui lui parle de sa rencontre avec Cocteau tandis
que dans le bassin couvert de neige artificielle déambulent
des personnages de la mythologie intime du poète : l'Homme-Cheval
et l'Ange Heurtebise. Puis, Barbette exécute son numéro de
trapèze au-dessus du public. Après quoi, la musique de
cirque s'estompe au profit d'un montage sonore qui
accompagne la célèbre bataille de boules de neige du premier
chapitre de l=histoire.
On entre ensuite dans l'univers surréaliste et
schizophrénique des enfants terribles : Paul et
Élisabeth, cloîtrés dans leur chambre et unis par des
rapports troubles. Inséparables, ils s'inventent différents
jeux qu'ils se plaisent à vivre. L'amour est celui qui les
préoccupe. Eux deux, se joignent le petit Gérard puis
Agathe. Ensemble, ils forment et déforment différents
couples qu’Élisabeth contrôle à sa guise.
Entre leurs acrobaties physiques et verbales et
le public, à l'autre extrémité, s'ouvre l'abîme d'une immense
fosse d'orchestre (le bassin proprement dit). Cette
distance inaccoutumée entre la scène et les spectateurs provoque
un effet de dilatation du
Aquatrième
mur. Ce qui est lointain prend figure de vrai (volontairement
rendu inaccessible, donc désirable) alors que ce qui est
proche (en coulisse) se montre comme un effet de
représentation. C'est cela, la distorsion des lieux (la
clinique) de ces enfants terribles. Impossible de se
laisser prendre à l'illusion réaliste.
L'adaptation reste fidèle à l'oeuvre, dont le thème est
l'agoraphobie d'Élisabeth et Paul, sœur et frère, amis et
ennemis qui s'aiment et se harcèlent avec haine et passion.
Au
cours de la représentation, d'autres personnages célèbres,
connus par Cocteau font aussi leur apparition : Christian
Bérard, Isadora Duncan, Coco Chanel. Les personnages anonymes
(le chœur) sont à la fois les échos de la mythologie grecque où
Cocteau a plongé et les machinistes de son théâtre intime.
Tout
le spectacle, en définitive, est présenté comme un rêve entre
deux états de la matière. Douce neige qui chute d'un cylindre
actionné à vue, projection d'une séquence du film Orphée
lorsque les enfants vont au cinéma, silhouette géante d'un
train se déplaçant sur la promenade tandis que défile derrière
un paysage, le calque d'un dessin de Cocteau, lorsqu'ils
voyagent, balade à bicyclettes : toutes ces idées confèrent une
ineffable vibration au monde enfantin.
Les
Enfants terribles c'est également la
réunion joyeuse de trente-cinq collaborateurs : comédiens
figurants, techniciens, artistes qui tous ont oeuvré pendant
plusieurs mois pour réaliser cet événement.
|
|
« Tout
le spectacle est présenté comme un rêve entre deux états de la
matière, et la trouvaille la plus forte, véritablement
impeccable, de cette mise en scène est d’avoir placé toutes les
scènes réelles (celles qui se passent entre ces enfants
terribles) dans le lointain, au-delà du bassin. Il s’établit
alors tout un jeu aquatique de glissements du récit entre le
haut (la solitude) et le bas (reconnaissance du poète auprès du
plus grand nombre de figures). Si cette mise en scène est à mon
sens réussie, c’est que les jeux de l’espace s’y transforment en
changement de temporalité, dans le fil du récit. En définitive,
et là réside la réussite du projet, tout se dissout dans
l’étoffe de l’inaccessible et de l’inacceptable. Ce qui reste
alors n’a pas de prise et c’est ce qui nous reste d’un poème ou
du fil de l’eau. Par ce jeu d’espace enfin trouvé, le
poète (Jean-Maurice Gélinas et Guy Lapierre sous le masque de
Cocteau) donne raison à la fable et donc au plaisir du
spectateur. »
Serge Ouaknine, Cahiers de théâtre Jeu.
« Avec un budget restreint, compensé par un travail harassant,
des prodiges d’ingéniosité et une foi inébranlable dans l’oeuvre
à accomplir, le Théâtre Acte 3 est parvenu à produire un
événement Cocteau qu’il faut avoir vu si l’on aime ce poète et
le théâtre de recherche. Une très jeune distribution qui joue
juste et bien, une mise en scène et une scénographie brillantes
et audacieuses, quelques trouvailles à vous couper le souffle.
Acte 3 s’est décarcassé pour offrir aux amateurs de théâtre une
soirée inoubliable. Il existe encore des gens qui ont plus de
plaisir à donner qu’à recevoir. Ils méritent pourtant, en
échange, de recevoir au moins votre visite. »
Raymond Bernatchez, La Presse.
« C’est dans une piscine désaffectée que le Théâtre Acte 3
propose son adaptation du célèbre roman de Jean Cocteau, Les
Enfants terribles. Une production gigantesque où les
surprises ne manquent pas. Après plus de cinquante ans, le
sujet, très bien amené par Jean-Maurice Gélinas et Guy Lapierre
est toujours saisissant. La production d’Acte 3 nous entraîne
dans le jeu et la fantaisie de l’enfance. Les comédiens rendent
très bien leur rôle. N’est pas donné à qui veut de jouer un rôle
d’enfant. On ne peut passer sous silence le jeu exceptionnel de
Marie-Josée Plouffe dans l’important rôle d’Élisabeth. Elle est
d’une fraîcheur et d’une sensibilité déconcertante. Plus de 25
comédiens évoluent sur l’aire de jeu magistralement bien
utilisé. Pour tout le travail et le talent de Acte 3, pour
l’enfance retrouvée et pour l’utilisation de la piscine, il faut
voir Les Enfants terribles. »
Daniel Hart, Liaison Saint-Louis.
« C’est un lieu absolument fascinant qui permet des choses
extraordinaires au point de vue de mise en scène. La scène est
partout ! J’ai trouvé cela très réussi, visuellement, il y a des
tableaux qui nous touchent et qui nous bouleversent : Théâtre
Acte 3 se sert d’un lieu inusité et il sait bien l’habiter et
bien l’habiller. Pour les gens qui aiment Cocteau c’est un
régal! C’est une expérience rare. Allez-y c’est un pur
délice!. »
Mouffe,
Radio-Canada.
« Le spectacle de la troupe Acte 3 c’est plus que Les Enfants
terribles c’est un événement Cocteau. C”est d’une richesse
visuelle incroyable. Tous les comédiens sont bons. Marie-José
Plouffe dans le rôle d’Élisabeth est une meneuse de jeu
absolument exceptionnelle. Une belle performance d’acteurs, une
belle mise en scène tout à fait originale et dans l’esprit de
Cocteau. C’est à ne pas manquer si vous aimez Cocteau et si vous
ne le connaissez pas, vous allez le découvrir et l’aimer! »
Francine Grimaldi, Radio-Canada.
« Les Enfants terribles d’Acte 3 ce sont des enfants drôles,
cyniques, vrais ! Un très bon spectacle que je recommande. »
Michel Vaïs, Radio-Canada |
|
|
|
|