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DU FEU DANS LA TÊTE
Monologue d’après les Cahiers de Vaslav Nijinski

de Christian Dumais-Lvowski

 

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Théâtrographie

 

 


 

Avec: Jean-Maurice Gélinas / Mise en scène: Guy Lapierre / Collaboration: Serge Roy / Affiche: Guy Lapierre / Photo: Alain Renaud / 25 octobre 2007 – Maison de la culture Frontenac, Montréal. 1er novembre 2007 – Maison de la culture Côte-des-Neiges, Montréal. 7 novembre 2007 – Maison de la culture Rosemont-la Petite-Patrie, Montréal. Présenté dans le cadre du volet automne 2007 des Saisons Nijinski à Montréal.  En collaboration avec: ACF – Audio-Ciné-Films Inc. Laboratoires Druide. Encadrex.


 

Vaslav Nijinski est un mythe bien vivant : « inventeur » de la danse moderne, il reste, avec les Ballets russes, toujours à l’affiche. Danseur, il a créé des rôles tels que Petrouchka ou Le Spectre de la rose ; chorégraphe, il a révolutionné son art – et scandalisé son public – avec L’Après-midi d’un faune, Jeux, et son légendaire Sacre du printemps. Dix ans d’apprentissage, dix ans de danse, sa carrière fut aussi courte que fulgurante ; suivirent trente ans d’éclipse totale. Nijinski souffrait, en effet, de troubles psychologiques qui ont progressivement compromis, puis anéanti, ses extraordinaires talents.

C’est pendant l’hiver 1918-1919, alors qu’il séjournait en Suisse, que Vaslav Nijinski écrivit les quatre cahiers qu’il est convenu d’appeler son « Journal ». Ces Cahiers constituent une véritable auto-analyse qui fait surgir fantasmes, souvenirs et associations libres.

En 1993, le Festival d’Avignon commande à Christian Dumais-Lvowski, qui a publié aux éditions Actes Sud la version non expurgée (traduite du russe) des Cahiers de Vaslav Nijinski, une adaptation théâtrale française de ces cahiers. Par la suite ce spectacle fera l’objet d’une tournée européenne.

En 2007, le Théâtre Acte 3 convie le public à un échange direct, en abolissant la distance et en jouant de «l’interpellation » permettant, de saisir les différents « cris intérieurs » d’une âme en débâcle et consciente de son « naufrage ».

« Tout ce qu’il fait a un tour extrêmement théâtral… Lorsque l’on raisonne avec lui, il se moque de vous, l’air de dire : Vous ne trouvez pas que je joue la comédie à merveille ? » Cette observation de Peter Ostwald, professeur en psychiatrie américain et auteur d’une importante étude sur Nijinski, a orienté l’approche même de la mise en action du monologue de telle sorte que nous avons imaginé un Nijinski plus âgé, souffrant de paranoïa, confondant le rêve et la réalité, alors qu’il revisite ses cahiers. Pour éviter de sombrer, sa pensée chaotique s’accroche à des épaves de vraisemblance.

Tour à tour, il lit son journal, le vit, l’écrit, l’improvise et le commente. Tantôt il s’adresse directement au public, tantôt il s’emmure et se parle à lui-même. Son humeur changeante, son langage corporel s’inspirent des notes consignées par les médecins traitants.