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LA BELLE ET LA BÊTE
De Jean-Maurice Gélinas et Guy Lapierre
D’après l’œuvre de Jean Cocteau


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Avec:
André Bradette,
Frank Deguisne, Serge Goudreau, Nicole Goyette, Ronald Houle,
Mireille Jodoin, France La Bonté, Claude Marquis, Charles
Mignault, Jean Olivier, Kateri-Hélène Racine,
/ Mise en scène:
Jean-Maurice Gélinas
Assisté de
Guy Lapierre
/ Scénographie et costumes:
Serge Beaudoin
/ Lumière:
Mario Huchette,
Louise Dubeau
/ Environnement sonore:
Martin Peach
/ Coiffures:
Sabin Paradis
/ Maquillage:
Camille Bouchard
/ Affiche:
Guy Lapierre
/ Photo:
Linda Hains,
Jean-Paul
Aubry, Alain Renaud
/ Du 24 mars au 2 mai 1988 / Bain Laviolette, Montréal. En
collaboration avec Le Ministère des Affaires culturelles du
Québec, La Ville de Laval, La Ville de Montréal, Hydro-Québec,
Gaz Métropolitain, Ultramar, Canada, |
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À
l’origine, c'est-à-dire en 1757, La Belle et la Bête,
c'est un conte de Jeanne-Marie Leprince de Beaumont dont Cocteau
s'empara en 1946 pour faire le film que l'on sait. L'auteur
visait "un
but de familiarité quotidienne, d'insolite, de sublime sérénité
dont le mélange est le propre du rêve".
Inspirée de l'Oeuvre complète de Jean Cocteau, La Belle et la
Bête d'Acte 3 est prétexte à faire du spectacle une mise en
question de la représentation ou du rituel, de la présence
commune, du public penché sur des comédiens en train de jouer
penchés sur leur public.
La
Belle est ici une comédienne aventureuse, allant à la
rencontre d'une Bête de scène qui ressemble tantôt à un
auteur prolixe, acariâtre et jaloux, tantôt, dans le rythme du
rock, à un king-légende déjà passablement usé de gloire
et de fortune. La galerie des personnages est d'une grande
variété : outre Belle prisonnière du château et Bête captive de
ses méandres, on y rencontre l'inquiétant Angle, le tendu
Avenant, Adélaïde le passeur, Der Tod et Mgr Hébert, le Colonel
d'Elvis, l'étonnante Madame, venue des lupanars lyriques de
Jean Genet, Vassal, prince de l'aparté et le
Amauvais
élève Dargelos, directement venu, lui, des Enfants terribles.
Devant le King, toute cette cour s'incline
mais désire son retrait. Que peut la Belle pour lui?
La
mise en scène tend à inscrire l'essentiel du spectacle à
mi-distance d'un poème onirique et d'une vaste allégorie
empruntant fréquemment la forme d'une réflexion sur le théâtre.
La
scénographie propose de hauts escaliers symétriques de chaque
côté d'une petite scène, de faux vitraux entre les colonnes, des
lustres-fontaines suspendus, un recouvrement aux textures
zébrées pour les murs de la piscine afin de suggérer le baroque
d'un château, sorte de temple du show business, église du
rêve.
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« Moderne, cette volonté sonne souvent juste car elle se trouve
comme naturellement inscrite dans une mise en scène qui utilise
magnifiquement ce lieu particulier et glauque plaqué d’émail et
percé de galeries, ce huis clos un peu oriental et qui fut
naguère celui d’Andromaque. Dans ce cadre baroque d’un
bain public devenant château, métro, temple, les comédiens usent
avec ardeur de la multiplication des aires de jeu, de
l’alternance du blanc et du noir, de la mobilité et de la
hiératisation, du ballet du profane et du sacré, d’une parade
quelquefois lâchée par le texte mais où éclate la sève d’une
union théâtrale réussie entre le merveilleux et le réel. »
Alain Pontaut, Le Devoir.
Ce qui aide surtout à aimer cette pièce, c’est la mise en scène.
Elle est constituée de tableaux qui se succèdent, la plupart du
temps très fous avec des personnages tout aussi déments. Tout
l’espace est bien utilisé, les comédiens jouant même les
acrobates par moment au bord de la piscine. »
Carmen Montessuit, Le Journal de Montréal.
« C’est une création de Jean-Maurice Gélinas et Guy Lapierre
d’après l’oeuvre de Jean Cocteau. On a remanié beaucoup.
L’Oeuvre de Cocteau demandait déjà une gymnastique
intellectuelle importante. Il y a vraiment quelque chose de
magique. La mise en scène est exceptionnelle. Les comédiens sont
vraiment très très bons. Le lieu est bizarre, important et on
sait très bien l’exploiter. Alors pour les images, pour
l’atmosphère, pour vous sentir complètement dépaysé par le cadre
et le spectacle, allez-voir cette Belle et cette Bête présenté
par Acte 3! »
Daniel Guérard, TVA. |
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