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Peter Handke

Griffen (Autriche), 1942. Poète, essayiste, romancier, auteur de théâtre, cinéaste, Peter Handke est peut-être la personnalité la plus en vue de la jeune littérature autrichienne. Admirateur précoce de Beckett et du Nouveau Roman, il apparaît d'abord comme un homme d'avant-garde chez qui l'austérité, l'hermétisme et le goût de la provocation se combinent selon un équilibre original. Son premier roman, Les Frelons, est publié en 1965, suivi immédiatement de pièces radiophoniques: Outrage au public, Prédiction et Introspection. Il se consacre dès lors à la littérature et à l'écriture, qu'il explore dans des textes expérimentaux influencés par le Nouveau Roman et les recherches politico-linguistiques de l'époque. L'Angoisse du gardien de but au moment du penalty (1970), adapté au cinéma par Wim Wenders, lui donnera une certaine notoriété. En 1974, la représentation à Paris de sa pièce La Chevauchée sur le Lac de Constance, écrite en 1970, fait scandale par son étrangeté. Ses livres suivants: Le Malheur indifférent (1972), L'Heure de la Sensation vraie (1975), La femme gauchère (1976), sont pour la plupart tirés de faits autobiographiques longuement analysés à travers des récits d'errance et de vagabondage. Il a écrit les scénarios des films de Wim Wenders Faux-Mouvement et Les Ailes du Désir, et réalisé lui-même La Femme gauchère.

 

 



Jean Cocteau

Écrivain français (Maison Laffitte, 1889 - Milly-la-Forêt, 1963). Doter de dons multiples, cultivant avec génie l’amitié des personnalités les plus diverses, participant à toutes les recherches (Depuis les Ballets russes,1912), jusqu’au surréalisme, avant la rencontre décisive avec Radiguet), Cocteau fut toujours lié au moderne, dans ce qu’il a de plus éphémère comme dans ses aspects les plus profonds. Romancier, homme de théâtre et de cinéma, peintre et dessinateur, Cocteau se définit essentiellement comme un poète. Les Enfants terribles; Thomas l’imposteur; Le Grand écart se présentent comme des fables tragiques et symboliques dans lesquelles les personnages pris dans cette lutte du réel et du mystère sont des rêveurs happés par des forces redoutables. Capable de parler le langage de la passion, il donne au théâtre La Voix humaine. Utilisant la même mythologie intime au cinéma, Cocteau qui avait inauguré avec Bunuel le film surréalisme (Le Sang d’un poète), aborde constamment dans L’Éternel retour, La Belle te la Bête, Orphée, le thème de l’amour impossible sauf peut-être au-delà du temps et de l’espace. (Académie française, 1955.)

 

 

Christian Dumais-Lvowski

Auteur et éditeur (Montréal, 1955). Diplômé de l’École Supérieure de journalisme et de l’École des Hautes Études Sociales de Paris. En 1993, le Festival d’Avignon lui commande une adaptation théâtrale française du Journal de Vaslav Nijinski. Ce spectacle fait aussi l’objet d’une tournée européenne. En 1995, il traduit les Cahiers de Nijinski dans leur version inexpurgée. Suite à la publication des Cahiers aux Éditions Actes Sud qui suscite un retentissement international, il entreprend une série de conférences sur Vaslav Nijinski et écrit avec la réalisatrice Élisabeth Kapnist le film documentaire Vaslav Nijinski, une âme en exil pour la chaîne de télévision culturelle ARTE. Le film remporte le prix du meilleur documentaire sur la danse de l’UNESCO. Il est co-scénariste de plusieurs autres documentaires sur la danse, dont Kabuki, la voie du geste et est directeur de collections aux Éditions Actes Sud. Il est l’auteur de La Promesse du seuil, récit d’un voyage fait en compagnie de Marguerite Yourcenar.

 

 

Marguerite Duras

Écrivain français (Giadinh, Indochine, 1914 – Paris 1996). Elle passa son enfance et son adolescence en Indochine, et des récits comme Un barrage contre le Pacifique, (1950) et Le Vice-Consul, (1966) situés dans des pays d’outre-mer, évoquent cette situation. Venue en France (1927), elle s’y consacra bientôt à la littérature. Depuis Les petits chevaux de Tarquinia (1953), l’écrivain s’est orienté vers des œuvres en apparence statiques, où les personnages tentent d’échapper à la solitude pour donner un sens à leur vie : par l’amour absolu. (Dix heures et demie du soir en été, Le Ravissement de Lol V. Stein) par le crime ou la folie (Moderato Cantabile, L’Amante anglaise). Ces héroïnes vivent « sans savoir pourquoi », mais attendent « que quelque chose sorte du monde et viennent à (elles) ». Pourtant, incapables de vraiment communiquer, elles sont contraintes de « rentrer dans le silence ». Des dialogues d’une apparente inanité évoquent cette attente pathétique (L’Après-midi de Monsieur Andesmas) ou suggèrent ces « situations ambiguës et inextricables » (Détruite, dit-elle). Au théâtre, Marguerite Duras a donné Agatha, Les Viaducs de Seine et Oise, Le Square. Son art de l’ellipse et des sous-entendus se retrouvent dans les nombreux scénarios de films qu’à donner la romancière : Hiroshima mon amour, Une aussi longue absence, Le Camion qui illustrent avec la même inimitable voix une « sorte de plainte mélodieuse et feutrée » la tentative manquée de vivre un amour fou.

 

 

Witold Gombrowicz

Écrivain polonais (Maloszyce, 1904 – Vence, 1969). Après des études de philosophie puis de droits, il fit ses débuts littéraires en 1933 et se plaça dès 1937 parmi les écrivains contemporains les plus significatifs, et fut sans doute le plus audacieux de la littérature polonaise avec son premier roman : Ferdydurke. Dans cette analyse sarcastique et douloureuse de la condition humaine, l’auteur décrit, avec un humour impitoyable, l’homme créé de l’extérieur,  inauthentique, déformé et enfermé dans un cadre schématique (« Être un homme, cela veut dire ne jamais être soi-même »). Ses pièces de théâtre sont des transpositions grotesques mais strictement homologue des évènements qui ont eu lieu sous de différentes formes dans toute une série des pays de l’Europe de l’Est et en Russie, des évènements montrés évidemment dans la vision aristocratique et chrétienne de Gombrowicz. Si la grotesque est le trait commun de deux pièces (Yvonne, Princesse de Bourgogne et Le Mariage), c’est particulièrement dans Le Mariage qu’elle prend la forme clairement onirique. Gombrowicz est devenu connu dans les années soixante. C’est à cette époque que sortent les éditions françaises de deux romans: Pornographie, Cosmos, comme les œuvres les plus éminentes de l’écrivain.

 

 

Jean Racine

Poète dramatique français (La Ferté-Milon, 1639, - Paris, 1699). Après de très sérieuses études de Grec et de philosophie, il fit représenter sa première pièce La Thébaïde, puis Alexandre. La période qui commence alors, et dura dix ans, fut la plus féconde de sa carrière, avec Andromaque, Les Plaideurs, Britannicus, Bérénice, Phèdre. Racine a restitué à la scène tragique sa véritable dimension, celle que lui avait conférée les Grecs. En concevant la passion amoureuse comme une fatalité infernale, génératrice de haine et de destruction, en la présentant comme l’instinct le plus possessif et le plus égoïste de l’âme humaine, Racine apparaît comme le véritable créateur de la tragédie française.

 

 

Rober Racine

Artiste multidisciplinaire et écrivain (Montréal, 1956), Rober Racine fait des études en littérature, puis en cinéma et en histoire de l’art. Comme artiste visuel, il a présenté ses œuvres sur le thème du dictionnaire de la langue française (Le Terrain du dictionnaire A/Z, Les Pages-miroirs) dans plusieurs musées et galeries du Québec et du Canada, ainsi qu’aux États-Unis, en Europe, en Australie et au Japon. L’œuvre de Racine, issue de la solitude et de la patience; de l’obsession et du désir dépasse l’entendement. Elle est démesurée, inclassable, inqualifiable. Il a publié des romans (Le Mal de Vienne, Là-bas, tout près, L’Ombre de la terre) et une pièce de théâtre Le Cœur de Mattingly.

 

 

Jean Vauthier

Auteur dramatique belge (Grâce-Berleur, Belgique, 1910 - Paris, 1992) mais vivant à Bordeaux depuis son enfance. Il étudie d'abord la peinture et exerce diverses fonctions dans la presse régionale avant d'être pris de passion pour l'écriture. En 1949, il abandonne tout emploi pour se consacrer exclusivement à la dramaturgie. Gérard Philipe et André Reybaz vont très vite donner une audience nationale à l'œuvre de cet auteur provincial inconnu. D’un grand lyrisme, créateur du frénétique Capitaine Bada, il a tenté d’exprimer les passions les plus violentes. Ces textes, qui comportent de nombreuses indications scéniques sont prévus pour s’intégrer à la musique et à la danse qui font partie du spectacle (Le Personnage combattant, Le Rêveur, Le Sang).

 

 

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Portraits au crayon graphite par Jean-Maurice Gélinas
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